Les Outils d'Internet au service du généalogiste

 

Hormis abriter des réseaux pédophiles, des pirates informatiques et les derniers avatars de la guerre électronique serbo-occidentale, Internet peut-il avoir un intérêt particulier pour le généalogiste ?

Question un brin provocatrice, mais qui résume parfois malheureusement le niveau de connaissance de nombre d’entre nous devant ce nouveau médium.

Peut-être mieux connaître le concept permettrait-il de le dédramatiser un peu et de découvrir des possibilités de recherches, de rencontres, de découvertes, en progression exponentielle et potentiellement infinies...

Qu’est-ce qu’Internet ?

Tout simplement un réseau, un filet (net en anglais) dont les mailles sont des ordinateurs (ou serveurs), reliés entre eux par des réseaux de télécommunications. L’intérêt de ce réseau est que l’information peut emprunter un grand nombre de chemins différents pour transiter d’un point à un autre et n’est donc que très rarement handicapée par la congestion des voies de communication.

Ces serveurs, ceux d’Universités, d’administrations, de sociétés commerciales, peuvent ensuite être consultés par les particuliers que nous sommes en se reliant à eux par le réseau France Telecom ou le Câble. C’est possible grâce à un appareil appelé modem, qui sert d’interface entre votre ordinateur et le réseau téléphonique. Les sociétés qui proposent ce service à des particuliers moyennant un abonnement (modique, de l’ordre de 70 à 100 F par mois en temps de connexion illimité) sont appelées " prestataires de service " (providers en anglais). Les plus connus sont Wanadoo (France telecom), Infonie, Club-Internet, AOL... Il y en a d’autres, plus modestes, souvent d’un meilleur rapport qualité-prix.

Les services proposés par Internet

Lorsqu’on est enfin connecté au réseau (achat et installation d’un modem, abonnement auprès d’un prestataire, éventuellement pour une période d’essai gratuite), il faut un logiciel pour pouvoir décoder et lire les informations reçues. Deux grands logiciels se partagent le marché actuellement : Netscape Communicator et Internet Explorer 4.0 (ou 5.0) Tous deux sont gratuits, et IE 4.0 est même livré d’office avec W98 ou les dernières versions de W95.

Ces logiciels sont composés de trois modules principaux, destinés chacun à une des trois formes principales d’accès aux informations d’Internet :

 

Maintenant que le concept est un peu plus clair sur la forme... Que peut-on en attendre sur le fond ? 

 Internet et la généalogie :

Quel contenu peut-on attendre d’Internet ?

Techniquement, en fait, tout est possible. La transmission des informations n’est limitée que par le nombre de personnes connectées (en progression exponentielle) et par les problèmes de propriété intellectuelle.

Qu’existe-t-il actuellement ?

Les principaux forums :

Il existe de très nombreux forums de discussion sur la généalogie, la plupart anglophones. Ils sont peu fréquentés par les généalogistes français, mais peuvent ponctuellement pour les personnes qui se découvrent un ascendant étranger être une source précieuse de renseignements... J’ai personnellement obtenu ainsi des photos actuelles des ruines de la soierie dans laquelle travaillait mon arrière-arrière-grand-père au Liban à la fin du XIXème siècle...

Le principal forum de généalogie francophone s’appelle fr.rec.genealogie . C’est sur ce forum que s’échange une grande partie des informations entre généalogistes amateurs français. Il est " incontournable " et a un trafic d’une bonne centaine de messages par jour... C’est sans commune mesure avec le volume qui peut transiter dans les petites annonces d’une revue sur papier.... On n’est bien sûr pas obligé de lire tous les messages, et souvent un coup d’œil sur le titre d’un message suffit à savoir s’il vaut la peine d’être ouvert.

Les listes de diffusion :

Il s’agit de personnes inscrites nommément sur une liste consacrée à un sujet précis, souvent trop spécialisé pour intéresser tous les membres du forum (par exemple les utilisateurs de tel ou tel logiciel, les porteurs d’un nom particulier, les personnes intéressées par tel ou tel métier, ceux qui cherchent sur un lieu géographique donné, etc...) Contrairement au forum, seules les personnes expressément inscrites sur la liste reçoivent les articles écrits, ( et transmis par courrier électronique) et les réponses ne sont pas publiques mais limitées aux participants.

Les sites du Web :

Il y a là une jungle dans laquelle il est parfois bien difficile de se diriger au début. Il faut donc quelques repères...

Après l’anarchie bonne enfant du début, une tendance se fait actuellement à regrouper des internautes passionnés dans des grands sites reliant les travaux de plusieurs personnes différentes.

Le projet France-Gen-Web est le plus achevé. Il s’agit de créer un réseau à plusieurs niveaux (pays, province, département) donnant accès à des pages fournissant des renseignements généalogiques localisés géographiquement.

http://francegenweb.org

 

Un autre projet en réseau à vocation nationale est GEchanges, destiné à relier entre elles des listes de diffusion départementales.

Quelques grandes bases de données actuellement opérationnelles donnent accès à des renseignements généalogiques pertinents :

Geneanet :

La plus ancienne, la plus connue et celle qui pose le moins de problèmes pour être alimentée.

Son principe : tout simplement indexer dans une seule et immense base de données toutes les liste-éclairs qui peuvent lui être soumises, puis les comparer entre elles, et renvoyer l’information en donnant les coordonnées des personnes ayant indexé des informations qui se recoupent avec les vôtres. C’est un outil d’une puissance extraordinaire, qui a permis à des dizaines d’internautes de faire des bonds en avant dans la recherche de leurs ancêtres. Actuellement, elle contient environ 5 millions de lignes..... toutes antérieures à 1850 car le système supprime automatiquement les personnes susceptibles d’être encore en vie.

L’adresse : http://www.geneanet.org

GeneaBank :

GeneaBank n’est pas à proprement parler une banque de données. Il s’agit d’un système d’échange de points. Ces points sont destinés à équilibrer les consultations entre bases de données (pas toutes d’un intérêt équivalent) proposées par des associations généalogiques.

Les données sont des résultats de dépouillements systématiques (et en aucun cas des données personnelles ou des gedcom). La majorité des dépouillements sont des registres d’Etat-civil (BMS) mais d’autres sources sont possibles : par exemple on peut y trouver actuellement 137000 dossiers de cartes de sûreté à Paris pendant la période révolutionnaire.

Les membres des associations participantes ont un droit d’accès gratuit aux informations proposées par leur propre association bien sûr, mais aussi à celles de toutes les autres associations participantes. Ces données, par contre, sont cryptées et inaccessibles aux personnes n’appartenant pas à une des ces associations. Le principe est de permettre aux associations généalogiques de recruter de nouveaux adhérents éloignés géographiquement et dans l’impossibilité de se déplacer pour consulter sur place les travaux de l’association.

L’adresse : http://www.geneabank.org

Migranet :

Petite banque de données en devenir. Son but est de placer sur Internet en libre accès des actes trouvés à l’occasion de recherches généalogiques concernant des personnes migrantes, c’est à dire provenant d’un autre département que celui dans lequel l’acte a été relevé. Vous connaissez bien ce principe dans votre revue préférée où il s’appelle " le chaînon manquant ". Mais il s’agit là d’un chaînon manquant à l’échelle d’Internet, c’est à dire du monde entier...

L’adresse : http://www.caids.net/migranet

La base des Mormons:

Depuis quelques semaines, l'Eglise des Saints du Dernier Jour, plus communément appelé "Mormons", a commencé à proposer sur Internet des données généalogiques brutes, provenant des fichiers gedcom confiés à l'Eglise par tous ceux qui ont bien voulu le faire (ce qui représente à l'échelle du monde entier, beaucoup de données….) Pour le moment, cette base est encore en phase de tests, mais il ne fait aucun doute qu'à terme elle risque de devenir un des sites incontournables de l'Internet généalogique…

L'adresse: http://www.familysearch.org/

D'autres bases de données:

Deux autres bases de données au moins apportent des renseignements pertinents pour le généalogiste:

La base Leonore: déjà connue des Minitelistes, elle est maintenant accessible sur Internet, et recense 213000 dossiers de titulaires de la Légion d'Honneur avant 1956, consultables in-extenso au CARAN:

http://www.culture.fr/documentation/docum.htm

Les médaillés de Ste Hélène: une base destinée à colliger les dépouillements effectués dans les départements par des généalogistes bénévoles des récipiendaires de la Médaille de Ste Hélène, attribuée en 1857 par Napoléon III à tous les survivants des guerres de l'Empire:

http://stehelene.hypermart.net/

Il y a là un énorme gisement de découvertes potentielles. Le minimum d’une page personnelle généalogique est constitué d’une liste-éclair. Mais de nombreuses autres améliorations peuvent être apportées : l’arbre généalogique peut être présenté au complet, avec une navigation par des liens hyper-texte dans l’arbre ou d’une fiche à une autre. On peut rajouter des photos, des notices géographiques sur un village, une paroisse, une bibliographie locale, un dépouillement systématique de BMS, proposer en téléchargement une version de démonstration d’un logiciel. Certains sites personnels parmi les plus anciens sont devenus avec le temps des sources irremplaçables pour les renseignements généraux qu’ils apportent.

Quelques exemples :

Denis BEAUREGARD le canadien pionnier de l’Internet : http://www.genealogie.com

Patrick CAPDEVILLE et son manuel de généalogie en ligne : http://perso.wanadoo.fr/capde/

Christian DAUMOINX  et ses pages d’entraide http://www.caids.net/entraide/

Bernard DEBREIL et ses explications pour l’IRC (dialogue en direct) http://w3.teaser.fr/~bdebreil/

Bruno GERELLI et sa liste alphabétique des sites personnels : http://www.alpes-net.fr/~gerelli/genealog.htm

Philippe RAMONA (votre serviteur...) qui propose sa boite à outils du généalogiste : http://www.es-conseil.fr/pramona

Thierry STRAUB, un bel exemple d'un site personnel complet, alliant données généalogiques personnelles et études historiques : http://webhome.infonie.fr/jomave/index.htm

Il y aurait encore des centaines de sites passionnants et pertinents à citer, mais la place nous manque bien sûr..

 

Il commence à y en avoir de plus en plus, même si bien souvent ils ne donnent que des renseignements sans grand intérêt pour la recherche généalogique.

Ils sont listés sur la page de Jean paul CORNU:

http://www.multimania.com/numa/assgensurnet.html

Un exemple particulièrement intéressant de ce que pourraient être les sites des associations s'ils s'investissaient vraiment dans Internet: celui de l'association Généalogie et Histoire de la Caraïbe, dont le président Philippe ROSSIGNOL, secrétaire général de la Fédération est aussi un pionnier du réseau. Il met en ligne l'intégralité du texte de ses bulletins, et participe en plus à GeneaBank avec les relevés de mariages de la Guadeloupe… Un exemple à suivre….:

http://members.aol.com/GHCaraibe/index.html

Conclusion :

Je souhaite que ce rapide tour d’horizon vous aura permis d’abord de vous y retrouver un peu dans le jargon a priori un peu abscons qui nimbe de mystère tout ce qui concerne Internet.... J’espère aussi que vous apercevez un peu mieux à quel point cet outil peut être utile, (au-delà de la recherche sur les documents originaux, bien sûr irremplaçable) pour avancer dans la découverte de vos ancêtres...

Bon surf donc, et que tous vous trouviez autant de cousins et d’ancêtres que j’en ai moi-même trouvé en naviguant sur les autoroutes de l’information...

 

Philippe RAMONA

pramona@es-conseil.fr